Le calcul des congés payés est simple : tu acquiers 2,5 jours ouvrables par mois de travail, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) sur une année complète. Depuis la loi du 22 avril 2024, tu en acquiers aussi pendant un arrêt maladie : 2 jours par mois, dans la limite de 24 jours par an. Voici comment compter tes jours, calculer ce que tu touches, et ce que change un arrêt de travail.
Congés payés : le calcul des jours acquis
Tu acquiers tes congés pendant une période de référence qui va, sauf accord différent, du 1er juin au 31 mai. Chaque mois de travail effectif te donne 2,5 jours ouvrables. Si le résultat n’est pas un nombre entier, il est arrondi au jour supérieur.
Exemple : tu as commencé le 1er septembre. Au 31 mai, tu as travaillé 9 mois : 9 × 2,5 = 22,5, arrondi à 23 jours ouvrables.
Peu importe ton temps de travail : à temps partiel, tu acquiers le même nombre de jours qu’à temps plein.
Jours ouvrables ou jours ouvrés ?
- Jours ouvrables : tous les jours sauf le dimanche et les jours fériés chômés, donc du lundi au samedi. 5 semaines = 30 jours ouvrables.
- Jours ouvrés : les jours habituellement travaillés dans l’entreprise, souvent du lundi au vendredi. 5 semaines = 25 jours ouvrés.
Ton entreprise peut compter dans l’un ou l’autre système, à condition que tu n’y perdes pas. Si tu poses une semaine du lundi au vendredi en jours ouvrables, on te décompte 6 jours (le samedi compte), contre 5 en jours ouvrés.
Congés payés et arrêt maladie : ce qui a changé en 2024
C’est la grande réforme de ces dernières années. Depuis le 24 avril 2024, les arrêts de travail comptent pour acquérir des congés :
| Type d’arrêt | Congés acquis |
|---|---|
| Maladie ou accident non professionnel | 2 jours ouvrables par mois, 24 jours maximum par période de référence |
| Accident du travail ou maladie professionnelle | 2,5 jours ouvrables par mois, sans limite de durée |
Exemple tiré de Service Public : sur la période du 1er juin 2024 au 31 mai 2025, un salarié a été en arrêt maladie en août et en septembre. Il acquiert 25 jours pour ses 10 mois de travail, plus 4 jours pour ses 2 mois d’arrêt, soit 29 jours.
Le report de 15 mois
Si tu n’as pas pu prendre tes congés à cause d’un arrêt maladie ou d’un accident, tu disposes d’une période de report d’au moins 15 mois pour les poser. Un accord collectif peut prévoir plus long.
À ton retour, ton employeur doit t’informer dans le mois qui suit ta reprise du nombre de jours dont tu disposes et de la date limite pour les prendre (par courrier, mail ou sur ton bulletin de paie). Les 15 mois démarrent à partir de cette information. Pour un arrêt d’un an ou plus, des règles particulières s’appliquent.
Et si tu tombes malade pendant tes vacances ?
Depuis une décision de la Cour de cassation du 10 septembre 2025, si tu tombes malade pendant tes congés et que tu envoies ton arrêt de travail à ton employeur, les jours de congé qui coïncident avec l’arrêt ne sont pas perdus : tu peux les reporter. Garde une preuve de l’envoi de ton arrêt.
Les arrêts anciens
La loi a aussi permis de réclamer des congés pour des arrêts maladie passés, depuis le 1er décembre 2009. Pour les salariés toujours en poste, la fenêtre de deux ans pour le faire s’est refermée en avril 2026. Si tu as quitté l’entreprise, c’est le délai de 3 ans pour réclamer une indemnité de congés payés qui s’applique : demande conseil avant d’agir.
Le calcul de l’indemnité de congés payés
Pendant tes congés, ton employeur te verse une indemnité. Il doit comparer deux méthodes et appliquer la plus favorable pour toi :
- Le maintien de salaire : tu touches ce que tu aurais gagné si tu avais travaillé.
- La règle du dixième : 1/10 de ta rémunération brute totale de la période de référence (primes liées au travail et heures supplémentaires comprises), répartie sur tes jours de congés.
Exemple : tu as gagné 27 000 € brut entre le 1er juin et le 31 mai, heures sup et primes comprises. Le dixième donne 2 700 € pour tes 30 jours, soit 90 € par jour ouvrable de congé. Si le maintien de salaire donne moins, c’est le dixième qui s’applique. Le dixième est souvent gagnant si tu as fait beaucoup d’heures supplémentaires ou touché des primes variables.
Quand poser tes congés : les règles à connaître
- Le congé principal (jusqu’à 24 jours ouvrables) se prend en principe entre le 1er mai et le 31 octobre, avec au moins 12 jours ouvrables d’affilée.
- Les dates sont fixées par ton employeur, selon l’ordre des départs prévu par accord ou après consultation du CSE. Une fois fixées, il ne peut pas les modifier moins d’un mois avant ton départ, sauf circonstances exceptionnelles.
- Jours de fractionnement : si tu prends une partie de ton congé principal en dehors du 1er mai au 31 octobre, tu peux gagner 1 jour (3 à 5 jours pris hors période) ou 2 jours (6 jours ou plus), sauf si tu y renonces ou si un accord prévoit autre chose. La 5e semaine n’ouvre pas droit à ces jours.
Pour retrouver l’ensemble de tes droits au travail, essaie notre outil Mes droits. Et pour toute question sur ta situation, l’inspection du travail répond gratuitement : trouve ses coordonnées avec Quelle porte frapper ?.
Questions fréquentes
Combien de jours de congés payés par mois ?
2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables par an. En jours ouvrés, cela correspond à 25 jours par an.
Est-ce qu’on acquiert des congés payés en arrêt maladie ?
Oui, depuis le 24 avril 2024 : 2 jours ouvrables par mois d’arrêt maladie non professionnel, dans la limite de 24 jours par période de référence. En accident du travail ou maladie professionnelle, c’est 2,5 jours par mois.
Combien de temps ai-je pour poser des congés non pris à cause d’un arrêt ?
Au moins 15 mois, à compter du jour où ton employeur t’informe de tes droits après ta reprise. Un accord collectif peut prévoir plus long.
Mon employeur peut-il refuser mes dates de congés ?
Oui, c’est lui qui fixe l’ordre des départs, en tenant compte notamment de ta situation familiale et de ton ancienneté. Pose tes demandes tôt et par écrit.
Les congés payés sont-ils perdus au 31 mai ?
En principe, les congés doivent être pris avant la fin de la période de prise fixée dans l’entreprise. Ils ne sont pas perdus si c’est ton employeur qui t’a empêché de les prendre, ou si un arrêt maladie t’en a empêché (report de 15 mois). Un accord peut aussi permettre un report.
Comment est calculée l’indemnité de congés payés ?
Ton employeur compare le maintien de ton salaire et 1/10 de ta rémunération brute de la période de référence, et te verse le montant le plus élevé.



