L'essentiel
- La liste en vigueur a été fixée par un arrêté du 21 mai 2025. Elle est différente dans chaque région.
- Pour un métier de la liste, l'employeur qui veut embaucher une personne hors Union européenne n'a pas à publier son offre pendant 3 semaines avant de demander l'autorisation de travail.
- Elle sert aussi à une procédure d'admission au séjour pour les personnes qui travaillent déjà dans un métier en tension, possible jusqu'au 31 décembre 2026.
À quoi sert cette liste ?
En temps normal, une entreprise qui veut embaucher une personne de nationalité hors Union européenne doit d'abord prouver qu'elle n'a trouvé personne sur place : son offre doit avoir été publiée pendant 3 semaines auprès du service public de l'emploi, sans candidature valable. C'est ce qu'on appelle « l'opposabilité de la situation de l'emploi ».
Pour les métiers de la liste, cette étape disparaît dans la région concernée. L'employeur peut directement demander l'autorisation de travail, en ligne.
Les métiers qui reviennent le plus
Voici des familles de métiers présentes dans la liste de nombreuses régions. Pour savoir si un métier est en tension là où tu vis, vérifie l'annexe de l'arrêté (lien en bas de page) : elle est classée par région.
- Agriculteurs, éleveurs, maraîchers et viticulteurs salariés
- Aides à domicile et aides ménagères
- Cuisiniers et aides de cuisine
- Employés de l'hôtellerie
- Employés de maison et personnels de ménage
- Maçons
- Peintres et ouvriers de la finition du bâtiment
- Ouvriers des industries agroalimentaires
- Ouvriers du gros œuvre et du second œuvre du bâtiment
- Serveurs de cafés-restaurants
- Soudeurs
- Aides-soignants
- Agents d'entretien de locaux
- Infirmiers
- Bouchers
- Chefs de chantier et conducteurs de travaux
Quatre départements d'outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion) ont leurs propres listes, fixées par des arrêtés du 9 juin 2026.
Tu vis en France sans titre de séjour et tu travailles dans un de ces métiers
Jusqu'au 31 décembre 2026, tu peux demander une admission exceptionnelle au séjour si tu remplis toutes ces conditions :
- tu occupes, au moment de la demande, un emploi dans un métier et une zone en tension ;
- tu vis en France depuis au moins 3 ans sans interruption ;
- tu as travaillé au moins 12 mois au cours des 24 derniers mois dans un métier en tension (le travail fait avec un titre « étudiant » ou « saisonnier », ou comme demandeur d'asile, ne compte pas) ;
- tu respectes les principes de la République et tu n'as pas de condamnation.
C'est toi qui déposes le dossier en préfecture, sans passer par l'employeur. Si le dossier est complet, tu reçois un récépissé qui te permet de travailler. Tu peux ensuite obtenir une carte « salarié » (en CDI) ou « travailleur temporaire » (en CDD).
Fais vite : le dossier doit être déposé avant le 31 décembre 2026, et les rendez-vous en préfecture peuvent prendre plusieurs semaines. En cas de refus, la préfecture délivre en général une obligation de quitter le territoire (OQTF).
Et pour les autres métiers ?
L'embauche reste possible : l'employeur doit simplement publier l'offre pendant 3 semaines avant de faire la demande d'autorisation de travail. Certaines situations l'en dispensent aussi, par exemple pour un étranger titulaire d'un master obtenu en France, si le poste est en lien avec sa formation et payé au moins 2 800,53 € brut par mois.
Pour savoir si tu peux déjà travailler avec ton titre actuel, fais le test : Ai-je le droit de travailler en France ?