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Droits

Démission et chômage : les cas où tu as droit à l'allocation

Démission et chômage : les 17 cas de démission légitime, la démission pour reconversion, le réexamen après 4 mois. Ce qui ouvre vraiment droit à l'ARE.

7 min de lecture Publié le 4 novembre 2026 La rédaction Carnet Emploi

7 min · 4 nov. 2026 · Carnet Emploi

Une salariée quitte son bureau avec un carton dans les bras
Photo : Unsplash, libre de droit
En bref
17 cas de démission légitime ouvrent droit à l'ARE
Reconversion : fais valider ton projet avant de démissionner
Sinon, réexamen possible après 121 jours de chômage

En principe, une démission ne donne pas droit au chômage : France Travail considère que tu as quitté ton emploi volontairement. Mais il existe trois exceptions importantes : la démission dite « légitime » (17 cas précis), la démission pour un projet de reconversion validé à l’avance, et le réexamen de ton dossier après quatre mois sans emploi. Voici comment savoir si tu es concerné, avant de poser ta lettre.

Démission et chômage : la règle de base

L’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) est faite pour les personnes qui perdent leur emploi sans l’avoir choisi : licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle. Une démission classique, même pour un bon motif personnel, ne suffit donc pas.

Dans tous les cas, tu dois aussi remplir la condition de travail habituelle : au moins 130 jours ou 910 heures sur les 24 derniers mois (36 mois si tu as 55 ans ou plus). Tu peux le vérifier avec notre outil Ai-je droit au chômage ?.

La démission légitime : les 17 cas reconnus

France Travail reconnaît une liste limitative de démissions « légitimes ». Si tu es dans l’un de ces cas, tu es indemnisé comme après un licenciement.

Pour un motif familial

  • Tu te maries ou tu te pacses, et cela t’oblige à changer de lieu de résidence.
  • Tu suis ton conjoint qui déménage pour un nouvel emploi ou pour une autre raison professionnelle.
  • Ton contrat comporte une clause « de couple » qui fait tomber ton contrat quand celui de ton conjoint est rompu.
  • Tu as moins de 18 ans et tu quittes ton emploi pour suivre tes parents.
  • Tu suis la personne qui exerce ta mesure de tutelle, curatelle ou sauvegarde de justice.
  • Ton enfant handicapé est admis dans une structure d’accueil éloignée de chez toi.
  • Tu es victime de violences conjugales et tu dois changer de résidence.

Pour un motif professionnel

  • Tu avais été licencié, ou tu avais quitté un emploi par rupture conventionnelle ou fin de CDD, et tu démissionnes du nouvel emploi avant 65 jours travaillés.
  • Tu justifies de trois ans d’affiliation continue, tu as démissionné pour un CDI, et ce nouvel employeur y met fin dans les 65 premiers jours travaillés.
  • Ton projet de création ou de reprise d’entreprise, pour lequel tu avais démissionné, a échoué.
  • Ton employeur ne te verse pas ton salaire alors qu’une décision de justice l’y oblige.
  • Tu as été victime d’un acte délictueux au travail (agression, par exemple) et tu as porté plainte.
  • Tu quittes un contrat d’insertion par l’activité pour un nouvel emploi ou une formation.
  • Tu quittes un contrat unique d’insertion pour un CDI, un CDD d’au moins 6 mois ou une formation qualifiante.
  • Tu démissionnes pour faire un service civique ou un volontariat d’au moins un an.
  • Tu es journaliste et tu démissionnes pour une raison de conscience professionnelle.
  • Tu es assistant(e) maternel(le) et l’employeur refuse de faire vacciner son enfant selon les obligations légales.

La démission pour reconversion professionnelle

Depuis 2019, tu peux démissionner d’un CDI pour te reconvertir ou créer une entreprise, et toucher l’ARE. Mais l’ordre des étapes est strict : tout se passe avant la démission.

  1. Vérifie ton ancienneté : il faut 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois, soit environ cinq ans d’activité salariée. Les congés sans solde ou sabbatiques ne comptent pas.
  2. Prends rendez-vous avec un conseiller en évolution professionnelle (CEP), gratuit. Il t’aide à construire ton projet. Cette demande doit être faite avant ta démission, sinon ton dossier est refusé.
  3. Fais valider ton projet par Transitions Pro, la commission de ta région. Elle vérifie que ton projet est « réel et sérieux » : une formation pour changer de métier, ou une création ou reprise d’entreprise suffisamment préparée.
  4. Démissionne, puis inscris-toi à France Travail dans les 6 mois qui suivent la notification de l’accord.

Ensuite, France Travail vérifie dans les 6 mois que tu avances vraiment sur ton projet. Si ce n’est pas le cas, tu risques une radiation de 4 mois et la perte de 4 mois d’allocations.

Pour préparer ton projet, lis notre guide Reconversion professionnelle, ou Créer son entreprise si tu veux te lancer à ton compte.

Démission sans motif légitime : le réexamen après 121 jours

Ta démission n’entre dans aucun cas ? Tout n’est pas perdu. Après 121 jours (environ quatre mois) sans allocation, tu peux demander que ton dossier soit réexaminé par l’instance paritaire régionale de France Travail.

Elle regarde surtout tes efforts pour retrouver un emploi : candidatures, entretiens, formations, missions courtes. Si la réponse est positive, l’allocation peut t’être versée à partir du 122e jour. D’où l’intérêt de rester inscrit et de garder une trace de toutes tes démarches pendant ces quatre mois.

Démission pendant la période d’essai

Si c’est toi qui romps ta période d’essai, c’est assimilé à une démission. Il existe pourtant une exception utile : si tu avais perdu ton emploi précédent de façon involontaire, et que tu quittes le nouveau poste avant 65 jours travaillés, tu peux être indemnisé au titre de ce précédent emploi. Notre article sur la période d’essai détaille ces règles.

Questions fréquentes

Est-ce que je peux toucher le chômage si je démissionne pour suivre mon conjoint ?

Oui, si ton conjoint déménage pour un nouvel emploi ou une autre raison professionnelle. Garde un justificatif de son nouvel emploi et de ton changement d’adresse.

Combien de temps faut-il attendre après une démission pour avoir le chômage ?

Si ta démission n’est pas légitime, il faut 121 jours sans allocation avant de demander un réexamen. Si la réponse est positive, l’allocation est versée à partir du 122e jour.

Est-ce que je peux démissionner pour me reconvertir et toucher le chômage ?

Oui, avec la démission pour reconversion, à condition d’avoir 1 300 jours travaillés sur 5 ans et de faire valider ton projet par Transitions Pro avant de démissionner.

Et si je démissionne pour créer mon entreprise ?

C’est possible dans le même dispositif : ton projet doit être validé avant la démission. Et si ton entreprise échoue après une démission pour la créer, c’est l’un des cas de démission légitime.

Une rupture conventionnelle, c’est mieux qu’une démission ?

Pour le chômage, oui : la rupture conventionnelle ouvre droit à l’ARE. Mais elle demande l’accord de ton employeur, et la durée maximale d’indemnisation est plus courte depuis septembre 2026. Tout est expliqué dans notre article sur la rupture conventionnelle.

Qui contacter avant de démissionner ?

Pose ta question à France Travail (3949) avant d’envoyer ta lettre : c’est lui qui décidera de tes droits. Pour la reconversion, un conseiller en évolution professionnelle t’accompagne gratuitement. Et pour un litige avec ton employeur (salaire non payé, par exemple), l’inspection du travail ou un conseiller juridique peut t’orienter.

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