Le mi-temps thérapeutique (officiellement « temps partiel thérapeutique ») te permet de travailler à temps réduit pour raison de santé, tout en recevant des indemnités journalières de l’Assurance maladie pour les heures non travaillées. Il faut une prescription de ton médecin, l’accord de la CPAM et celui de ton employeur. Ton salaire est versé pour le temps travaillé, et les indemnités compensent une grande partie du reste. Voici les conditions, le calcul et les démarches, pour un salarié du privé.
Mi-temps thérapeutique : les conditions
Le temps partiel thérapeutique est ouvert à tous les salariés du régime général, en CDI comme en CDD. Les travailleurs indépendants peuvent aussi en bénéficier, avec des règles un peu différentes.
Il est accordé si le travail à temps réduit :
- aide à améliorer ton état de santé, ou à tenir au travail malgré la maladie ;
- ou te permet de suivre une rééducation ou une réadaptation professionnelle.
Bonne nouvelle : depuis 2019, un salarié n’a plus besoin d’avoir été en arrêt maladie à temps complet juste avant. Ton médecin peut prescrire un temps partiel thérapeutique dès que le problème de santé apparaît.
Malgré son nom, ce n’est pas forcément un mi-temps : tu peux travailler à 40 %, 60 % ou 80 %, selon la prescription et l’organisation décidée avec ton employeur.
Les démarches, étape par étape
- La prescription : ton médecin traitant constate que tu ne peux pas travailler à temps plein, mais qu’un temps partiel te serait bénéfique. Il le prescrit sur un formulaire d’arrêt de travail.
- L’envoi à la CPAM : tu transmets la prescription à ta caisse. Ton employeur fournit une attestation de salaire précisant ton emploi et ta rémunération.
- L’avis du médecin conseil : l’Assurance maladie étudie la demande et te notifie sa décision.
- L’accord de ton employeur : ton employeur et toi fixez ensemble le nouveau temps de travail et les horaires, avec le médecin du travail si besoin.
Ton employeur peut-il refuser ?
Le temps partiel thérapeutique suppose l’accord de l’employeur. Mais si le médecin du travail l’a préconisé, un refus doit reposer sur des raisons objectives (par exemple une impossibilité réelle d’organiser le travail), et l’employeur doit les expliquer par écrit, à toi et au médecin du travail. Pendant cette période, il ne peut pas non plus te faire travailler sur tes heures non travaillées : pas de formation ni de mails ces jours-là.
Salaire et indemnités : combien tu touches
Ton revenu se compose de deux parts :
- ton salaire, payé par l’employeur pour les heures que tu travailles ;
- des indemnités journalières (IJ) versées par la CPAM pour la partie non travaillée.
Les IJ sont calculées comme pour un arrêt maladie : 50 % de ton salaire journalier de base, c’est-à-dire tes trois derniers salaires bruts divisés par 91,25. Le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 SMIC. Surtout, ton salaire et tes IJ réunis ne peuvent pas dépasser ce que tu gagnais avant : si c’est le cas, la CPAM réduit les indemnités.
Exemple chiffré (montants bruts, simplifiés)
Julie gagne 2 000 € brut par mois à temps plein. Elle passe à mi-temps thérapeutique.
- Son employeur lui verse 1 000 € brut pour son mi-temps.
- Salaire journalier de base : 2 000 × 3 ÷ 91,25 = 65,75 €. IJ : 50 %, soit environ 32,88 € par jour, environ 986 € sur un mois de 30 jours.
- Total : environ 1 986 € brut, juste sous son salaire habituel de 2 000 €.
Les IJ supportent moins de prélèvements qu’un salaire, donc le net peut être très proche de ton net habituel. Selon ta convention collective ou ta prévoyance d’entreprise, un complément peut aussi exister : demande à ton service RH.
Combien de temps dure un mi-temps thérapeutique ?
La durée est fixée par ton médecin, et peut être prolongée par une nouvelle prescription, avec l’accord du médecin conseil. Elle reste encadrée par les durées maximales d’indemnisation de l’Assurance maladie, qui dépendent de ta situation : maladie ordinaire, affection de longue durée (ALD) ou accident du travail.
Ces règles ont bougé récemment : depuis le 15 octobre 2026, les arrêts liés à une ALD dite « non exonérante » sont indemnisés un an maximum, au lieu de trois. Si tu es concerné, demande à ta CPAM comment cela s’applique à ton temps partiel thérapeutique.
Après le mi-temps thérapeutique
Avant de reprendre à temps plein, une visite chez le médecin du travail est vivement conseillée. S’il estime que tu ne peux plus occuper ton poste, il peut proposer un aménagement, un reclassement ou rendre un avis d’inaptitude.
Si ta santé t’oblige à changer de métier, la reconnaissance de travailleur handicapé peut t’ouvrir des aides : lis notre guide Travailleur handicapé et RQTH. Et si tu ne sais pas qui contacter, notre parcours Quelle porte frapper ? t’oriente en quelques minutes.
Tu es fonctionnaire ? Les règles sont différentes (temps partiel pour raison thérapeutique, avec maintien du traitement) : renseigne-toi auprès de ton service RH.
Questions fréquentes
Combien est payé un mi-temps thérapeutique ?
Ton employeur te paie les heures travaillées, et la CPAM verse des indemnités journalières pour le reste. Au total, tu touches souvent un revenu proche de ton salaire habituel, sans pouvoir le dépasser. Le montant exact dépend de ton salaire et du plafond des indemnités.
Faut-il un arrêt maladie avant un mi-temps thérapeutique ?
Non, plus depuis 2019 pour les salariés. Ton médecin peut le prescrire directement. Pour les travailleurs indépendants, un arrêt à temps complet reste en principe nécessaire, sauf en cas d’ALD.
L’employeur peut-il refuser un mi-temps thérapeutique ?
Il doit donner son accord. Si le médecin du travail a recommandé le temps partiel, le refus doit être justifié par des raisons objectives, expliquées par écrit. En cas de désaccord, rapproche-toi du médecin du travail ou des représentants du personnel.
Combien de temps peut durer un mi-temps thérapeutique ?
Il dure le temps fixé par ton médecin, avec des prolongations possibles. La durée totale est limitée par les règles d’indemnisation de l’Assurance maladie, différentes selon que tu as une maladie ordinaire, une ALD ou un accident du travail. Ta CPAM peut te dire où tu en es.
Garde-t-on ses congés payés pendant un mi-temps thérapeutique ?
Tu continues de travailler et ton contrat n’est pas suspendu, donc tu acquiers des congés sur la partie travaillée. Pour le calcul précis, notamment sur la partie indemnisée, vérifie avec ton service RH ou ta convention collective.



